« Les Sorcières Théoriciennes »

« Les Sorcières Théoriciennes »

Workshop de recherche L.i.p Collective sur les publications féministes, avec Le Signe –  Centre National de Graphisme, le collectif common-interest et la journaliste Madeleine Morley, 2020.

Research project on feminist magazines 1970-1990 produced as part of the “L.i.p Collective” workshop, initiated by Le Signe - Centre National du Graphisme and the Futuress collective, 2020.

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Le Signe – Centre National de Graphisme a organisé au mois de mai 2020 une série de workshop à distance, dont le workshop L.i.p Collective, avec le collectif common-interest et la journaliste Madeleine Morley, qui a réuni des chercheuses, étudiantes et designeuses du monde entier pour agréger des recherches sur des publications féministes des années 1970 – 1990.

Le Signe - Centre National de Graphisme organized a series of distance workshops in May 2020, including the L.i.p Collective workshop, with the collective common-interest and journalist Madeleine Morley, which brought together researchers, students and designers from around the world to aggregate research on feminist publications from the 1970s - 1990s.

Ma réflexion s’est portée sur un article intitulé « Ranger/Déranger », trouvé dans le n°12 de la revue littéraire et féministe Sorcières (1978), dont j’avais un exemplaire à domicile. Les quelques 7 000 signes qui composent ce texte écrit par Marianne Alphant clôturent un corpus de textes qui interrogent les pratiques de la théorie et la manière dont les femmes s’en saisissent. Alors que les dix textes qui le précèdent gravitent autour d’un « faire théorie » d’ore et déjà défini (par des hommes, il y a longtemps, on ne sait plus), « Ranger/Déranger » détricote la théorie, lui fait côtoyer l’ordinaire, le quotidien, les casseroles et les miettes, l’associe aux « manipulations d’un esprit bricoleur, mécano, couturière, [à] un art d’accommoder : les restes, les manières, les ossements, les mots ».

My thoughts turned to an article entitled “Ranger/Déranger”, found in n°12 of the literary and feminist magazine Sorcières (1978), of which I had a copy at home. The 7,000 signs or so that make up this text by Marianne Alphant complete a corpus of texts questioning the practices of theory and the ways in which women seize them. While the ten preceding texts revolve around a “faire théorie” already defined (by men, long ago, we don't know), “Ranger/Déranger” unravels theory, bringing it into contact with the ordinary, the everyday, pots and crumbs, associating it with “the manipulations of a DIY mind, mechanics, seamstresses, [with] an art of accommodating: leftovers, manners, bones, words”.

Beaucoup de questions émergent de cette lecture, le goût amer d’une domesticité toujours plaquée sur les pratiques des femmes, et pourtant l’enthousiasme pour une « théorie sur/depuis l’espace domestique », la curiosité pour les pratiques invisibles de femmes en quête de savoirs. Mais surtout : Quelles sont les conditions d’existences de ce texte, comment habite-t-il son temps, de quoi découle-t-il et qu’est-ce qu’il en résulte ?

Many questions emerge from this reading, the bitter taste of a domesticity always plastered on women's practices, and yet the enthusiasm for a “theory on/from domestic space”, the curiosity for the invisible practices of women in search of knowledge. But above all: what are the conditions of existence of this text, how does it inhabit its time, what does it derive from, and what is the result?

J’ai donc conçu un corpus de ressources reliées à la rencontre entre théorie et espace domestique qui permettent de comprendre le contexte dans lequel émerge ce texte.

I have therefore designed a corpus of resources related to the encounter between theory and domestic space, to help us understand the context in which this text emerges.